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Entre Nation et nationalités. Un principe de la Révolution française. C’est toute l’histoire contemporaine de la Révolution aux deux guerres mondiales que nous allons ainsi survoler.


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« UNE NATION, UNE LANGUE » ou « UNE LANGUE, UNE NATION » (1 ere partie)

Entre Nation et nationalités.
Un principe de la Révolution française.
C’est toute l’histoire contemporaine de la Révolution aux deux guerres mondiales que nous allons ainsi survoler.


Un principe de la Révolution française

« Faisons du passé table rase », était un des principes de la Révolution française.

Hormis les « Droits de l’homme et du citoyen » et sa devise « Liberté-Egalité-Fraternité », la Révolution avait plusieurs principes qu’elle souhaitait appliquer. D’abord à la France - comme un laboratoire d’expérimentation - puis après les exporter à travers l’Europe. La Révolution les a exportés en Europe par l’intermédiaire de guerres incessantes qui ont été suivies des guerres napoléoniennes. Bonaparte étant un des généraux, un des fils de la Révolution française, il diffusa, par la guerre, ces mêmes idées dans l’Europe entière (l’ensemble de ces guerres dura près d’un quart de siècle). Et de l’Europe ces principes se répandirent progressivement dans les colonies et dans le reste du monde.

Un de ces principes fondamentaux édicté par la Révolution était** « une Nation, une langue »*. Si on forme une seule et unique Nation, on doit ne parler qu’une seule et unique langue. Cela est issu du concept de «République une et indivisible », ainsi les révolutionnaires voyaient les langues régionales comme autant d’ennemis : *« le féodalisme et la superstition parlent bas-breton, l’émigration et la haine de la république parlent allemand, la contre-révolution parle italien, et le fanatisme parle basque » (Barrère 1794). Chaque langue était devenue un représentant des ennemis de la Révolution et de la République. Il fallait éradiquer ces langues. Selon ce principe tous les écrits devaient être en français. On ne devait plus enseigner que le français dans les écoles.

Cette éradication des libertés des langues régionales se poursuivit au XIXème siècle, voire même jusqu’au milieu du XXe, puisque dans des régions comme la Bretagne ou l’Alsace où la langue régionale était parlée par presque toute la population, on attachait une pierre (ou un autre objet) autour du cou des enfants qui avaient parlé le dialecte ou la langue régionale ou on les mettait au coin. Cet objet de la honte se transmettait d’enfant en enfant. Le dernier qui avait parlé cette langue interdite était celui qui la garderait autour du cou pendant la récréation. Pour éradiquer à la racine et par la force toutes les langues régionales.

Ce principe « une Nation, une langue » s’est appliqué sous la contrainte jusqu’aux enfants eux-mêmes, contre la volonté des parents et de la majorité des populations concernées (qui souhaitaient garder leur traditions et leur langue). *Il y avait une dizaine de langues régionales en France *qui étaient parlées localement. L’Alsace était une région où Louis XIV lui-même avait voulu laisser les libertés régionales et le droit de se gouverner localement. Un parlement avait été créé en Alsace, le Conseil Souverain d’Alsace, qui était chargé d’administrer la province, de défendre justement ces droits particuliers (ce qui est la traduction du mot « privilèges »), on continuait paisiblement de parler alsacien, on écrivait en allemand, et en français en plus. La langue française est devenue progressivement la langue communautaire, de circulation (en plus de devenir la langue diplomatique, en remplacement du latin, et parlée dans toutes les cours d’Europe). Les langues régionales étaient des langues utilitaires au quotidien. Un certain nombre de textes continuaient d’être rédigés, notamment en Alsace et Lorraine thioise, en allemand.

Cependant cette idée de la Révolution française (qui a duré une dizaine d’années) fut suivie d’une quinzaine d’années de l’Empire qui continua à appliquer les principes de la Révolution jusqu’aux extrémités de l’Europe.

Avec pour conséquence que ce principe « une Nation, une langue » - que la Révolution voulut d’abord appliquer à la France - a germé dans les pays qui ont été annexés ou occupés par les troupes révolutionnaires ou napoléoniennes. Ces principes sont revenus comme un boomerang - et ont hanté l’Europe au XIXème et XXème siècle - sous la forme de ce que l’on appelle en mathématiques un corollaire. C’est-à-dire que le théorème « une Nation, une langue » est revenu dans le sens « une langue, une Nation ».

Le premier principe est un principe réducteur à l’intérieur d’une même Nation. Toutes les populations qui font partie d’un même Etat, ne doivent plus parler leur langue locale ou régionale, mais qu’une seule et unique langue, la langue de l’Etat.


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